dimanche 9 décembre 2012

L'air que nous respirons

Le 10 septembre dernier, l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) publiait une étude préoccupante portant sur la pollution de l’air dans nos villes. Celle-ci coûterait près de 5 milliards d’euros par an et causerait plus de 40 000 décès annuels dans notre pays.

Neuf villes françaises participaient à l’enquête : Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse, totalisant à elles seules 12 millions d’habitants, dont 6,5 millions exclusivement dans la zone parisienne. L’enquête s’inscrivait dans la continuité du projet européen Aphekom, une évaluation de l’impact sanitaire et économique de la pollution atmosphérique urbaine dans 25 villes européennes, auquel ces villes avaient déjà toutes pris part en 2011. L’InVS, tout en confirmant l’effet sur l’espérance de vie évoqué à l’époque, a présenté dans cette nouvelle étude les impacts de cette pollution de l’air en termes de coûts économiques et humains.

Les informations élaborées par l’investigation sont saisissantes : les neufs villes françaises concernées arborent des niveaux de particules et d’ozone supérieurs aux valeurs guides recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Christophe DECLERCQ, de l’InVS précise néanmoins une « forte hétérogénéité » selon les quartiers et souligne qu’il s’agit de « valeurs d’exposition moyennes ».

Ainsi sur la période de 2004/2006, bien que la valeur guide soit de 10μg/m3, le niveau moyen de particules fines (PM2,5) atteignait les 14 µg/m3 à Toulouse et au Havre ainsi que les 20 µg/m3 à Marseille. Même constatation pour les particules fines PM10 (plus petites) dont la valeur guide est de 20 μg/m3 et qui parviennent cependant à 21,9 μg/m3 à Toulouse et à 29,9 μg/m3 à Marseille. Le non respect de la réglementation transparaît également pour l’ozone, pour lequel chacune des villes étudiées dépassait, dans l’année, la valeur guide journalière (100 µg/m3 maximum sur huit heures), allant de 81 au Havre à 307 à Marseille.


L’InVS déclare que « les bénéfices sanitaires et économiques potentiels associés à une amélioration de la qualité de l’air sont tout à fait substantiels ».

Le simple respect des valeurs guides de l’OMS des particules fines PM2,5 pourrait augmenter l’espérance de vie des personnes âgées de 30 ans et plus de 3,6 mois à Toulouse et jusqu’à 7,5 mois à Marseille. L’InSV précise qu’il s’agirait de « différer près de 3.000 décès par an » avec « un bénéfice associé estimé à près de cinq milliard d’euros par an ».

De la même façon, « près de 360 hospitalisations cardiaques et plus de 630 hospitalisations respiratoires par an dans les neuf villes pourraient être évitées » en respectant la réglementation concernant les PM10.

Les résultats de l’étude confirment les effets néfastes de la pollution atmosphérique sur la santé et l’économie qui lui est liée, et ce en l’absence même de pics de pollution. Ces données relancent donc le débat sur le nombre des victimes de la route, qu’elles soient directes ou indirectes.

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