lundi 28 janvier 2013

Bisphénol A: attention danger!

Par Vincent Olivier,

Pour la première fois, une équipe française apporte la preuve d'un effet direct du bisphénol sur la reproduction humaine.


Le bisphenol A est partout, des tickets de caisse aux boites de conserve et aux biberons.

Oui, le bisphénol A est bien dangereux pour la santé humaine et, en particulier, dans le domaine de la reproduction. Même à faible concentration. Même sur une durée faible. Ces dangers étaient soupçonnés depuis des années, mais pour la première fois, c'est ce que vient de démontrer une équipe de chercheurs de l'Inserm.

Jusqu'à présent en effet, les quelques travaux épidémiologiques sur le sujet donnaient des résultats contradictoires. Quant aux études expérimentales, elles n'avaient pas encore mis en évidence un effet délétère du bisphénol A sur la reproduction masculine humaine, uniquement sur les animaux. C'est désormais chose faite, avec un travail remarquable sur le plan méthodologique et qui, de plus, vient de paraitre dans la très sérieuse revue scientifique Plos One.

Le bisphénol A, dangereux à faible dose

Concrètement, l'équipe de René Habert, de l'Unité mixte Inserm U 967/CEA/Université Paris Diderot, est parvenue à maintenir artificiellement en vie dans des boites de culture, pendant 3 jours, des testicules foetaux d'origine humaine. Certains étaient mis en présence de bisphénol A, d'autres non. Résultat: chez les testicules exposés, la production de testostérone est réduite, tout comme celle d'une autre hormone nécessaire à la descente des testicules dans les bourses durant le développement foetal.

Plus inquiétant encore, ces résultats ont été observés avec une concentration très faible de Bisphénol: 2 microgrammes par litre, une concentration équivalente à celle que l'on retrouve en général dans le sang, dans les urines mais aussi dans le liquide amniotique chez les femmes enceintes. Voilà qui pourrait, pour une part au moins, expliquer la baisse de la quailité du sperme et les défauts de masculinisation dont la fréquence, rappelle un communiqué de l'Inserm, "a quasiment doublé depuis 40 ans".

Enfin, précise René Habert, "l'espèce humaine est beaucoup plus sensible au bisphénol A que le rat ou la souris". Une précision d'autant plus alarmante que, à ce jour, les seuils d'exposition maximale définis officiellement le sont, le plus souvent, à partir de données obtenues sur l'animal. Rappelons que le bisphénol A est notamment utilisé dans la fabrication de bouteilles, de canettes, de boites de conserve. Et qu'il aura fallu attendre 2011 pour que l'interdiction concerne aussi les biberons. Mais que celle ci n'interviendra que.. en 2015!

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