L'Institut national de veille sanitaire a dévoilé son bulletin hebdomadaire épidémiologique consacré à la pollution atmosphérique urbaine. Inquiétant.
Pendant les mois d'été, toute augmentation des particules en suspension dans l'air ayant un diamètre inférieur à 10 microns (PM10) de 10 microgrammes par mètre cube se traduit par une élévation de près de 4 % du nombre total de décès (hors accidents et morts violentes) et de 4,4 % en raison de problèmes cardiovasculaires. En revanche, pour l'année entière, cet accroissement lié à un niveau de pollution identique n'est que respectivement de 0,8 % et de 0,9 %. C'est ce qu'indique une équipe de l'Institut national de veille sanitaire dans le bulletin hebdomadaire épidémiologique (BEH) consacré à la pollution atmosphérique urbaine, mis en ligne ce mardi matin.
C'est l'équipe de Mathilde Pascal qui a étudié l'influence de la saison et de la température sur les effets à court terme de l'ozone et des PM sur la mortalité dans neuf villes françaises. Ce travail a été mené pour la période 1998-2006 pour l'ozone et pour la période 2000-2006 pour les PM10. Il a permis de montrer que l'effet des polluants est significativement accru quand il fait très chaud. En effet, pendant ces jours, une augmentation de 10 microgrammes par mètre cube du niveau d'ozone se traduit par une augmentation de 1,9 % du nombre total de décès, contre 0,5 % pour les autres jours. L'influence des jours très chauds est moins nette pour les PM10, avec une augmentation du nombre total de décès de 2,2 % les jours très chauds, contre 0,8 % pour les autres jours.
"Importance d'agir"
Ces résultats sont cohérents avec ceux d'autres publications. Selon les auteurs, "ils confirment l'importance d'agir pour diminuer les niveaux de pollution atmosphérique urbaine, d'autant que dans les années à venir, du fait du changement climatique, on peut s'attendre à observer plus fréquemment des niveaux élevés d'ozone, associés à des températures élevées, à l'image de ce qui s'est produit pendant la vague de chaleur de l'été 2003".
Déjà, dans l'éditorial de ce même BEH, Michal Krzyzanowski, du Centre européen de l'environnement et de la santé de l'OMS (Bonn,Allemagne), rappelle que les preuves des effets nocifs de la pollution atmosphérique sur la santé se sont multipliées au cours de la dernière décennie. Selon les estimations, près de deux années d'espérance de vie pourraient être gagnées dans les villes les plus polluées d'Europe si la qualité de l'air était ramenée aux niveaux préconisés par l'Organisation mondiale de la santé.
"Après des décennies de nette amélioration de la qualité de l'air en Europe, essentiellement due à la réduction des émissions liées à la production d'énergie, aux industries lourdes et aux transports, les taux mesurés de particules fines, de dioxydes d'azote et d'ozone sont restés stables dans la plupart des villes européennes ces dernières années", regrette le spécialiste allemand. Pour lui, même si des actions locales sont essentielles, elles ne seront pas suffisamment efficaces dans une Europe densément peuplée, avec une agriculture, une industrie et des transports extrêmement motorisés et des polluants dangereux qui peuvent être transportés dans l'atmosphère sur des milliers de kilomètres. Mais la révision des politiques de l'Union européenne relatives à la qualité de l'air, prévue en 2013, devrait être l'occasion d'élaborer des stratégies efficaces et fondées sur des faits pour la protection de la santé en Europe.
Par ANNE JEANBLANC
Pendant les mois d'été, toute augmentation des particules en suspension dans l'air ayant un diamètre inférieur à 10 microns (PM10) de 10 microgrammes par mètre cube se traduit par une élévation de près de 4 % du nombre total de décès (hors accidents et morts violentes) et de 4,4 % en raison de problèmes cardiovasculaires. En revanche, pour l'année entière, cet accroissement lié à un niveau de pollution identique n'est que respectivement de 0,8 % et de 0,9 %. C'est ce qu'indique une équipe de l'Institut national de veille sanitaire dans le bulletin hebdomadaire épidémiologique (BEH) consacré à la pollution atmosphérique urbaine, mis en ligne ce mardi matin.
C'est l'équipe de Mathilde Pascal qui a étudié l'influence de la saison et de la température sur les effets à court terme de l'ozone et des PM sur la mortalité dans neuf villes françaises. Ce travail a été mené pour la période 1998-2006 pour l'ozone et pour la période 2000-2006 pour les PM10. Il a permis de montrer que l'effet des polluants est significativement accru quand il fait très chaud. En effet, pendant ces jours, une augmentation de 10 microgrammes par mètre cube du niveau d'ozone se traduit par une augmentation de 1,9 % du nombre total de décès, contre 0,5 % pour les autres jours. L'influence des jours très chauds est moins nette pour les PM10, avec une augmentation du nombre total de décès de 2,2 % les jours très chauds, contre 0,8 % pour les autres jours.
"Importance d'agir"
Ces résultats sont cohérents avec ceux d'autres publications. Selon les auteurs, "ils confirment l'importance d'agir pour diminuer les niveaux de pollution atmosphérique urbaine, d'autant que dans les années à venir, du fait du changement climatique, on peut s'attendre à observer plus fréquemment des niveaux élevés d'ozone, associés à des températures élevées, à l'image de ce qui s'est produit pendant la vague de chaleur de l'été 2003".
Déjà, dans l'éditorial de ce même BEH, Michal Krzyzanowski, du Centre européen de l'environnement et de la santé de l'OMS (Bonn,Allemagne), rappelle que les preuves des effets nocifs de la pollution atmosphérique sur la santé se sont multipliées au cours de la dernière décennie. Selon les estimations, près de deux années d'espérance de vie pourraient être gagnées dans les villes les plus polluées d'Europe si la qualité de l'air était ramenée aux niveaux préconisés par l'Organisation mondiale de la santé.
"Après des décennies de nette amélioration de la qualité de l'air en Europe, essentiellement due à la réduction des émissions liées à la production d'énergie, aux industries lourdes et aux transports, les taux mesurés de particules fines, de dioxydes d'azote et d'ozone sont restés stables dans la plupart des villes européennes ces dernières années", regrette le spécialiste allemand. Pour lui, même si des actions locales sont essentielles, elles ne seront pas suffisamment efficaces dans une Europe densément peuplée, avec une agriculture, une industrie et des transports extrêmement motorisés et des polluants dangereux qui peuvent être transportés dans l'atmosphère sur des milliers de kilomètres. Mais la révision des politiques de l'Union européenne relatives à la qualité de l'air, prévue en 2013, devrait être l'occasion d'élaborer des stratégies efficaces et fondées sur des faits pour la protection de la santé en Europe.
Par ANNE JEANBLANC
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